Le grand salin du Menabe
     
Le grand salin du Menabe
En route pour les grands salins

Pour atteindre le site des salins, il faut quitter Morondava et rouler vers le Nord deux heures durant jusqu’à Ampataka.

Morondava, la ville qui s’enlise dans les sables…C’est l’impression que l’on a lorsqu’on arpente son littoral. La mer a usé les brise-lames, vestiges de la colonisation. Les vagues, saison après saison ont déferlé sur les digues, les ont grignotées, puis se sont attaqué aux constructions le long de la côte, jusqu’à ne laisser que des amas de gravats, des résidus de ferraille rongés de rouille. Et la plage avance inexorablement. Le sable pénètre les rues, recouvre les trottoirs donnant un aspect presque irréel, comme un décor de cinéma. Et même si la ville vit (les commerces, le marché, les préoccupations de ses habitants y sont les mêmes que partout ailleurs) pour le voyageur de passage, c’est saisissant !

La piste qui conduit à Ampataka s’étire, rectiligne, au milieu d’une végétation dense et sèche. Dans deux, trois mois, quelques semaines peut-être, les pluies commenceront à s’abattre sur le pays et la forêt reverdira. Pour l’heure, feuillus, épineux, tout paraît brûlé. Les branches nues des grands baobabs, géants majestueux, arbres mythiques, sont telles des sarments desséchés, et évoquent des membres décharnés tendus vers le ciel. Seuls les manguiers apportent çà et là quelques touches de verdure au milieu de ce décor de poussière.

Le paysage n’est gère varié. Pas d’horizon, pas de relief. Quelques villages de brousse ponctuent le voyage et viennent briser la monotonie du trajet. L’un d’eux, situé à proximité d’un fleuve, est étonnamment verdoyant. Ses cases proprettes sont installées sur une place ombragée. Les villageois s’affairent autour des étals d’un petit marché. Dans le marigot voisin, des femmes et des enfants s’adonnent à la pêche au moyen d’un linge tendu, faisant office de filet. Ici les zébus semblent plus gras…

Régulièrement, on peut apercevoir des panneaux sur le bord du chemin, annonçant telle mission d’aide à l’agriculture, à la pêche, telle école financée par des fonds associatifs… Ici les ONG sont très présentes, japonaises pour la plupart. Mais la présence nippone ne se cantonne pas à l’aide humanitaire. Les japonais ont massivement investi dans plusieurs secteurs, notamment la canne à sucre et bien sûr la pêche. Ils ont acheté des droits dans les eaux territoriales malgaches. Des filets dérivants raflent tout sur leur passage, mettent en péril la pêche traditionnelle et poussent à l’exode les pêcheurs indigènes qui n’ont d’autre issue que de gagner les villes où leurs perspectives ne sont guère brillantes. En voilà un beau paradoxe ! D’un côté l’exploitation de ressources à des fins commerciales sans aucune considération pour l’équilibre environnemental et social et de l’autre la bonne conscience à travers les ONG…

Plus loin, le chemin devient très étroit au point que l’on peut toucher les branches de part et d’autre de la voiture. La végétation s’éclaircit, l’horizon se dégage. On laisse la piste et on bifurque vers une étendue sablonneuse parsemée d’herbes où quantités de traces de pneus s’entrecroisent. Le site des Grands Salins n’est plus très loin. Encore quelques centaines de mètres et avant d’arriver face à une barrière prestement levée par un gardien diligent.



Le village des salins

Les salins, c’est un village. C’est aussi une communauté. On y vit, on y travaille, on y joue, on y est soigné (une infirmerie pallie aux soins d’urgence). Cependant, il n’y a pas d’école (les enfants sont scolarisés à Ampataka). Pas de lieu de culte non plus.

Le site se compose de plusieurs quartiers. Au village proprement dit, résident les familles, les ouvriers qui ont la chance d’être là avec femme et enfants. C’est un village traditionnel où s’alignent de part et d’autres des ruelles, des maisonnettes de bois, recouvertes de palmes tressées ou « anfalafy ». Certaines possèdent une petite varangue pour se protéger des ardeurs du soleil. Beaucoup sont fleuries.

La plupart des habitants cultivent leur manioc, leurs « brèdes » pour le « roumazave » (le plat national malgache) et possèdent quelques poulets que l’on voit déambuler autour des cases, perchés sur leurs longues pattes. C’est la race qui veut ça. On les appelle « poulets bicyclette ». Selon les récoltes, selon la saison, il s’y tient un marché (si l’on peut qualifier de « marché » ces quelques femmes assises derrière leurs petits tas de fruits ou de légumes et qui se racontent les dernières nouvelles en attendant le client. L’après-midi, elles iront peut-être pêcher à la ligne car les bassins, alimentés depuis la mer, contiennent - encore ! - quantité de petits poissons).

Mais tous les travailleurs des salins ne vivent pas au village. Nombreux sont les « expatriés », ceux qui sont venu des hauts plateaux, du grand sud ou d’ailleurs pour récolter le sel. Ceux-là ne rentrent chez eux qu’une fois la saison achevée. Ils sont logés dans le quartier des « célibataires », deux cases plus grandes que les autres, pourvues de dortoirs. Ici, c’est le régime de la collectivité…au masculin ! Hormis l’hébergement plus que spartiate, on imagine que le partage des corvées n’est pas une mince affaire. Les conflits, s’ils restent larvés par crainte des représailles de la part des chefs, n’en sont pas moins présents. Les jours de paye, c’est la fête. Parfois des filles viennent. Le rhum aidant, il n’est pas rare qu’une bagarre éclate…heureusement vite réprimée car la survie du groupe en dépend.

Sur le site, on trouve aussi la case réservée aux hôtes de passage, pompeusement baptisée « Hilton » ! Ainsi que la maison du directeur général, le « vasah », celui qui ordonne et coordonne, celui qui est en relation avec les grands patrons de Tananarive. Sur place, c’est l’autorité incontestée (qui s’arrange pour le demeurer !) mais la tâche est ardue. Hormis le fait que celui-ci est le seul européen parmi quelques trois ou quatre cent autochtones, il est tenu au rendement, toujours plus de rendement. La concurrence est rude et la pérennité de l’entreprise (donc la sauvegarde des emplois) en dépend. Mais au-delà de ces contraintes économico comptables, il y a l’humain. Comment l’ignorer ?

Les jours de paye par exemple, c’est cocasse ! Imaginez 300 ou 400 ouvriers à payer en liquide (rares sont ceux qui ont un compte en banque, à l’exception des cadres). Les sommes sont virées depuis Tananarive sur le compte à Morondava, retirées au guichet par une personne de confiance et emmenées sous bonne escorte jusqu’aux salins. En attendant d’être distribué, l’argent est conservé chez le directeur général. Même si les salaires sont faibles (en moyenne 300 000 FMG/ mois pour un ouvrier soit environ 20 €)…au total, ça fait tout de même beaucoup d’argent ! Le directeur a dû s’équiper d’une arme de dissuasion. Il possède un fusil et s’arrange pour que tout le monde le sache…dans l’espoir de ne jamais s’en servir. Dix huit mois qu’il est arrivé aux salins. Quatorze mois que sa femme a craqué. Elle est rentrée à Mahajanga avec la petite. Difficile de supporter un tel isolement ! Ici, c’est comme en mer, on est coupé du monde et on est tous sur le même bateau. Il faut organiser sa vie en fonction. La compagnie des animaux trompe la solitude. Chiens, makis, perroquet, poules, canards, dindons, une véritable arche de Noé…et bien sûr la parabole, le cordon ombilical, le lien avec le monde, avec la « civilisation »…en direct de Bagdad, les dernières polémiques politiciennes de l’Hexagone…et un peu de télé réalité…Il faut être informé, que diable !

Et la vie sociale, bien sûr… Aux salins, les matchs de foot sont devenus un rituel. Cadres contre ouvriers…souvent, les cadres prennent la raclée…mais pas toujours ! Pour Noël, le « patron » achète des zébus que l’on fait rôtir, il offre à boire et on festoie toute la nuit…Et puis il y a la vidéo installée sur la place du village. Les films sont en français. La plupart des ouvriers ne parlent que malgache. Il faut donc du visuel. Les films de karaté, les productions à effets spéciaux sont les plus prisés !
Une organisation sociale dont la touche de paternalisme n’est pas sans rappeler l’époque coloniale…mais les hommes ont le sourire et l’ambiance est bonne enfant.

Non loin des lieux de vie, se trouvent les installations liées à l’activité : Le hangar pour le stockage du carburant et de divers matériaux, l’atelier pour l’entretien du matériel, puis les premiers bassins près desquels sont implantés des abris pour les pompes ainsi que les machines servant aux opérations de lavage du sel.



Une activité en sursis

La société GSM ou « Grands Salins du Menabe », c’est une société 100% malgache. Les patrons sont des hommes d’affaires malgaches qui vivent à Tananarive. Ici, ils ont fait le choix de ne pas mécaniser l’exploitation. Il y a plusieurs raisons à cela. D’une part, mécaniser coûterait très cher en investissement initial, mais aussi en maintenance, du fait de l’éloignement du site, de sa difficulté d’accès et du prix pénalisant de toute pièce d’importation. Dans une moindre mesure, les problèmes de corrosion liés au milieu marin seraient pénalisants. Tous ces facteurs mettraient la société dans une situation de dépendance et de fragilité accrue. En revanche, l’option de privilégier l’humain présente bien des avantages, dans un pays où la main d’œuvre abonde pour un coût relativement faible. De plus, les créations d’emplois ont une incidence directe et mesurable sur le développement économique local, car la société GSM, en dehors de faire vivre ses propres ouvriers, induit de nombreux emplois par l’activité qu’elle génère y compris dans le secteur informel.

Malheureusement, depuis 10 ans que la société existe, elle ne parvient pas à s’équilibrer. Les pertes s’accumulent. De crises en dévaluations, le carburant a atteint des sommets (et du carburant il en faut néanmoins, pour faire tourner toutes les pompes, le groupe électrogène, les camions de ravitaillement et ceux qui emmènent le sel jusqu’à Tananarive). Le coût des pièces détachées d’importation est de plus en plus lourd du fait de la faiblesse de la devise...et les prix à la vente ne peuvent répercuter de telles hausses au risque de ne plus être concurrentiels ! De plus, et surtout, un audit a fait apparaître une gestion catastrophique (organisation aberrante, laxisme et…détournements !).
La mission (impossible ?) du nouveau directeur général, le pari de la dernière chance, c’est de remettre l’affaire à flot.

Actuellement la production annuelle est de 7000 tonnes. L’objectif de 2005 est de dépasser les 8000 tonnes. C’est en bonne voie s’il n’y a pas de coup dur. Mais pour bien tourner, il faudrait une production de 15000 tonnes avec au moins 20% à l’exportation car le marché national est trop limité. Le transport idéal pour l’export c’est la voie maritime. Malheureusement le port de Morondava est impraticable, faute d’entretien, victime de l’ensablement. Alors on se rabat sur le transport routier mais l’état du réseau n’est guère reluisant et surtout le carburant grève démesurément les prix de revient. C’est un lourd handicap pour demeurer concurrentiel. Pour s’en sortir, il faut tout calculer, ne rien laisser au hasard. C’est à dire optimiser l’organisation pour qu’un contrôle puisse être opéré sur chaque étape de la production.





L’organisation du travail

Ici, plus que jamais, « organisation » est le maître mot. Matins et soirs, le directeur général réunit chef de ferme, chefs d’équipes et contrôleurs, afin de transmettre les directives et recueillir les comptes rendus de la journée.
Dès 5 heures et demi du matin, tout le monde est à pied d’œuvre. La maîtrise rassemble son équipe avant de se mettre en ordre de marche. Ainsi, on peut apercevoir dans les premières lueurs du jour, ces hommes, pelle sur l’épaule, marchant à la queue leu leu sur les digues…
Chaque ouvrier a sa tâche qu’il est sensé maîtriser. Hormis ceux qui sont à la récolte, il y a ceux qui pèsent les sacs, ceux qui lavent le sel, ceux qui sont chargés du traitement à l’iode. Il y a aussi les mécaniciens, les responsables des pompes, les manœuvres qui les alimentent en carburant, les chauffeurs, les magasiniers, les gardiens, les responsables de l’approvisionnement en eau (car il n’y a pas l’eau courante sur le site : deux fois par jour, un camion chargé de fûts va faire le plein à la source qui se situe à 17 km) ; les ouvriers chargés de l’entretien des bassins et des digues ; et les « chimistes » (c’est ainsi qu’on appelle ceux qui mesurent la salinité de l’eau).

Tout le travail de récolte se fait à la tâche (les tâcherons sont payés à la tonne récoltée).C’est un travail dur qui consiste à rassembler les cristaux de sel à l’aide d’un râteau, de les charger dans des sacs et de les emmener à la pesée. Le responsable du pesage comptabilise et note tout sur un petit cahier qui fera foi lors de l’établissement de la paye. Les sacs sont donc remplis le plus possible au mépris de toute considération sanitaire (non égouttés, ils peuvent atteindre jusqu’à 80 kg). Toute la journée, les hommes s’affairent dans les bassins, les pieds nus sur les cristaux tranchants comme du verre. Le soleil inonde le marais, la blancheur du sel est éblouissante, la chaleur est pesante malgré un peu d’air marin.
Chaque ouvrier extrait journellement entre 650 kg et 850 kg selon la distance à parcourir jusqu’à l’aire de stockage (suivant le lieu d’extraction, il peut y avoir jusqu’à trente minutes à pied).

A ce stade, une distinction est opérée selon la qualité des cristaux. Les plus transparents sont les plus purs. Ils seront réservés à l’exportation. Plus les cristaux sont blancs et opaques, moindre est leur valeur. Quant au sel le plus grossier, raclé au fond des cristallisoirs ou récupéré autour des lieux de conditionnement, il sera vendu localement, notamment aux pêcheurs qui l’utilisent pour conserver le produit de leur pêche.
Lorsque ceux-ci viennent aux salins pour proposer leur poisson (mais aussi des huîtres, des crabes et autres crustacés), ils en profitent pour se ravitailler en sel, car ici, ils le touchent à bon prix.
Ces ventes de sel aux pêcheurs, bien que représentant un chiffre d’affaire modeste, sont fort utiles au fonctionnement de l’entreprise. Elles apportent un peu d’argent frais et donnent de l’autonomie dans la gestion du quotidien. Il faut compter 12 heures de voiture pour se rendre à Tananarive, centre des décisions ; environ 2 heures pour rejoindre Morondava où se trouve la banque (parfois bien davantage en saison des pluies) ; les connexions Internet et les liaisons téléphoniques restent très aléatoires et parfois les virements ne peuvent être opérés…Alors, une réserve de trésorerie, c’est une sécurité.
L’étape suivante c’est le lavage. Lors de cette opération, le sel est placé dans de grands bacs où une circulation d’eau élimine les impuretés, puis une vis sans fin le déverse en tas. Il est ensuite remis en sacs, iodé, puis les sacs sont mécaniquement fermés par une couture et enfin stockés en attendant d’être acheminés vers Tananarive. Plusieurs fois par semaine, des camions viennent enlever la production. Lors du chargement, on peut voir les hommes s’activer avec leurs sacs sur le dos (chaque manœuvre porte en général deux sacs de 50 kg). Bien que ployant sous la charge, ils grimpent au pas de course dans les bennes, s’efforçant de ne pas perdre leur élan.

L’organe vital du marais, c’est le réseau de digues. En tout, il y en a plus de cinquante kilomètres. Ce ne sont pas des digues maçonnées mais des digues en terre qui entourent les quelques 450 hectares du site. Elles le protègent des grandes marées, de la mangrove. Du côté des terres, elles freinent le déferlement des eaux en saison des pluies. Ces ouvrages, larges à la base d’environ cinq mètres, peuvent atteindre jusqu’à trois ou quatre mètres de haut. Ils ont été bâtis sans aucun recours à la mécanisation, uniquement à la force des poignets, coup de pelle après coup de pelle, par les ouvriers des salins. Les digues sont là aussi pour délimiter les « partainements » et les cristallisoirs.

Les « partainements » sont d’immenses bassins alimentés à l’eau de mer grâce à un pompage (5000 m3 / heure) qui se fait à marée haute. Chaque jour, ce sont plus de 12000 m3 qui sont ainsi injectés dans le réseau. Cent litres de gasoil sont nécessaires à cette opération, cent litres transportés à dos d’homme. Deux bidons s’équilibrant tant bien que mal de part et d’autre d’un manche de bois sont chargés sur les épaules d’un manœuvre qui devra les acheminer sur presque trois kilomètres, vers le lieu du pompage, et ceci deux fois par jour !
Après un passage dans les « partainements » qui en fait accroître la salinité par évaporation, l’eau est envoyée, soit par gravitation, soit au moyen de pompes, dans les cristallisoirs, bassins plus petits, peu profonds où l’évaporation se poursuivra pour atteindre le niveau de salinité voulu. Celui-ci se mesure en degré baumé. La cristallisation se produit lorsque la concentration de sel a atteint 25° baumé.

Tous les jours de nombreux ouvriers sont affectés à la réparation des digues. Au moment des grandes marées ou en saison des pluies il faut évacuer la terre qui a été charriée. Les surplus récupérés sont emmenés à dos d’homme dans des sacs pour être utilisés plus loin afin de colmater une brèche, aménager un passage… Lorsque de nouveaux cristallisoirs sont creusés (pour répondre aux impératifs de développement impliquant des surfaces de cristallisation toujours plus grandes), la terre est évacuée de la même façon.



Huit jours aux grands salins

La récolte du sel dans le sud-ouest malgache…on imagine une sorte de Cayenne où des hommes s’usent et s’épuisent au labeur sous un soleil de plomb. Pourtant ce ne sont pas les travaux forcés mais seulement un dur labeur pour un maigre salaire.

La vision de ces hommes au travail dans des conditions extrêmes, la rudesse de leur vie, leur pauvreté ont, certes, quelque chose de révoltant. Mais si demain la GSM devait mettre la clé sous la porte, ce serait une catastrophe pour tous, un peu comme ce qu’ont vécu ces mineurs dans l’Europe des années 1950/1960. Lorsque les industries minières se sont effondrées, des familles entières ont perdu leurs repères et ont basculé dans le désespoir.

Les gens qui travaillent là existent socialement. Les fêtes, les matches de foot, toutes les activités, tous les évènements qui ont lieu au village sont autant d’occasions d’entretenir des liens. Les besoins fondamentaux sont assurés pour les familles. Ceux qui survivent dans les bidonvilles de la capitale leur envient leur sort. Malheureusement, les perspectives de progrès sont bien minces pour les récolteurs du Menabé. Les espoirs qui avaient pu naître chez certains lors des élections de 2002 avec l’arrivée au pouvoir Marc Ravalomanana, sont rapidement retombés.

Michèle Soullier


VENTE DE DIGIGRAPHIES


Date : Septembre 2005
Lieu : Madagascar
Materiel :
Boitier Contax G2
Objectifs Zeiss G 20,28,45 et 90mm
Films Ilford Hp5+, Fp4+ et Fuji Acros
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